samedi 19 mai 2007

The National - Boxer


(Allez je me lance! je vais essayer de poster quelques petites et modestes chroniques de temps en temps!)

Après le beau Alligator, The National confirme les espoirs placés en eux en nous offrant une suite superbe. Boxer est un album de new-wave crépusculaire, un album de fin de soirée, de bars désertés, de soleil déjà couché, de fonds de bouteilles de vin et de cendriers pleins. Durant tout l’album, on a l’impression de danser mollement dans un salon sombre, lumière éteinte, le store à moitié fermé, laissant filtrer le peu de lumière du dehors… Comme Alligator, cet album est peut-être un peu inégal, dans le sens où certains titres sont de vraies merveilles, et d’autres un peu plus communs, ce qui crée un léger contraste qui peut déstabiliser l’auditeur pointilleux. Mais ceci n’est que pinaillages… Les titres s’enchaînent avec bonheur, et les hauteurs ici sont vertigineuses. Fake Empire et Ada sont de vrais joyaux noirs et rayonnants. La voix de Matt Berninger est d’une sensualité folle. Un de mes titres préférés est Brainy, au rythme pas de course mais avec une mélodie tranquille… Superbe chanson. Ne pas manquer également Start A War, belle ballade acoustique. Enfin, Guest Room, autre merveille qui conclue le quinté des chef-d’œuvre de l’album… Le premier single choisi est Mistaken for Strangers, pas le meilleur titre de l’album selon moi, mais très correct malgré tout (ça me fait penser à l’ambiance du premier album d’Interpol, à s’y tromper). De façon générale, cet album est bien plus convaincant que Alligator. Il s’en dégage une noirceur, une tristesse, d’une beauté rarement atteinte. Je pense que c’est du au traitement un peu orchestral des chansons et aux arrangements, qui rend l’album très organique, comme une plante carnivore dans une serre… C’est également, incontestablement, à la voix belle et tremblante, au grain si particulier et à l’odeur de vin, du chanteur Matt Berninger. Le groupe en tout cas n’a jamais joué avec autant de charme et d’assurance. The National a enfin une véritable personnalité, un style reconnaissable, et surtout des chansons magnifiques, et une couleur, une odeur, celles de la nuit.

7 ,5 / 10

Le clip de Mistaken for strangers

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